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J AFR CHIR DIGEST 2021; VOL 21(1) : 3290 – 3295

LES AFFECTIONS ANORECTALES À BOBO-DIOULASSO (BURKINA FASO) : ASPECTS ÉPIDÉMIOLOGIQUES, CLINIQUES ET ANORECTOSCOPIQUES.

ANORECTAL PATHOLOGY IN BOBO-DIOULASSO (BURKINA FASO): EPIDEMIOLOGICAL, CLINICAL AND ANORECTOSCOPIC ASPECTS.

M KOURA1,6., R.O SOMÉ2,6, D.Z OUATTARA3,8,N ZOURÉ1, E.B KAMBOULÉ1, S HÉMA-SOUDRÉ6,7, L.S. ZOUNGRANA3,8, A COULIBALY4,7, S.K SOMDA4,7, C ZARÉ2,6, A SAWADOGO1,7

1. Service d’hépato-gastro-entérologie, Centre Hospitalier Universitaire Sourô Sanou, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso.
2. Service de chirurgie générale et d’oncologie chirurgicale, Centre Hospitalier Universitaire Sourô Sanou, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. 3. Service d’hépato-gastro-entérologie, Centre Hospitalier Régional Universitaire de Ouahigouya, Ouahigouya, Burkina Faso. 4. Service d’hépato-gastro-entérologie, Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo, Ouagadougou, Burkina Faso. 5. Service de médecine interne, Centre Hospitalier Universitaire de Tengandogo, Ouagadougou, Burkina Faso.
6. Institut Supérieur des Sciences de la Santé, Université Nazi Boni, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. 7. Unité de Formation et de Recherche en Sciences de la Santé, Université Ouaga 1, Pr Joseph Ki-Zerbo, Ouagadougou, Burkina Faso.
8. Ecole Supérieure des Sciences de la Santé, Université de Ouahigouya, Burkina Faso.

Auteur correspondant:
KOURA Mâli, Médecin Hépato-Gastroentérologue, Maître-Assistant à l’université Nazi BONI (Bobo-Dioulasso), Institut Supérieur des Sciences de la Santé. Email : kouramali@yahoo.fr tel : 00226 70620551.

 

INTRODUCTION
Les affections anorectales sont fréquentes dans notre environnement de travail et regroupent différentes entités. En Afrique sub-saharienne, la littérature sur ces affections rapporte qu’elles sont également fréquentes [1 – 6]. Cependant, la fréquence réelle de ces affections anorectales reste sous-estimée. En effet certaines considérations sociologiques telle que la pudeur, font que les patients s’orientent plus facilement vers les tradipraticiens. Ces derniers ne pratiquant pas d’examen proctologique, les patients sont plus prompts à partager avec eux leurs plaintes. Toutes les manifestations proctologiques sont souvent considérées à tort et traités comme une maladie hémorroïdaire [7]. Ceci retarde leur diagnostic et leur prise en charge efficiente.
Au Burkina Faso, toutes les études portant sur les affections anorectales ont été conduites à Ouagadougou et montrent qu’elles sont fréquentes [8, 9]. Cette étude vient ainsi étoffer la littérature burkinabé en particulier et africaines en générale sur ces affections à travers une description des aspects épidémiologiques, et anorectoscopiques des affections anorectales dans la ville de Bobo Dioulasso, au Burkina Faso.

MATÉRIELS ET MÉTHODES
Il s’est agi d’une étude rétrospective transversale, descriptive à partir des compte-rendus d’anorectoscopie, allant du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2019. Elle a été réalisée dans l’unité d’endoscopie digestive du centre hospitalier universitaire Sourô SANOU (CHU-SS) de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso et dans l’unité d’endoscopie digestive de la clinique médicale « de l’Avenir » de de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Ont été inclus dans cette étude, tous les compte-rendus d’anorectoscopie réalisée durant la période d’étude. Etaient exclus de cette étude, les compte-rendus non exploitables.
Aucune prémédication n’était réalisée avant l’anorectoscopie. L’anorectoscopie était réalisée après un lavement évacuateur (au Normacol® ou à l’eau du robinet). Tous Les patients étaient examinés, en position genu-pectorale ou en décubitus latérale gauche sous un bon éclairage. Les diagnostics étaient retenus sur la base des constatations cliniques et anorectoscopiques assorties d’éventuelles biopsies (devant des lésions suspectes) pour l’examen histologique ou d’autres type de prélèvements (selles, pus, sérosités).

RÉSULTATS
Données sociodémographiques des patients
Au cours de la période, 6558 endoscopie digestives ont été réalisées dont 6034 (92%) gastroscopies, 92 (1,4%) coloscopies et 432 (6,6%) anorectoscopies. Quatre cents trente (6,6%) compte-rendus d’anorectoscopies exploitables ont été retenus. L’âge moyen des patients était de 43,1 ± 15,1 ans (extrêmes de 3 et 84 ans). Une prédominance masculine était observée (68,8% ; n = 296) avec un sex-ratio de 2,2. la répartition des patients par tranches d’âge a été consignée dans le tableau I.

Les données cliniques et anorectoscopiques
Les différentes indications de l’examen proctologique ont été colligées dans Le tableau II.
L’anorectoscopie était normale chez 51 patients (11,9%). Quatre cents quarante-quatre lésions étaient retrouvées chez 379 patients (88,1%). Parmi ces patients les lésions étaient : uniques chez 320 (84,4%), double chez 53 (14%) et triple chez 6 (1,6%). La répartition des lésions retrouvées a été consignée dans le tableau IIII.
La maladie hémorroïdaire représentait 54,3% (n = 241) des lésions. Sur les 208 patients ayant présentés au moins une lésions hémorroïdaire, 158 (76%) étaient du genre masculin et 50 (24%) étaient des femmes soit un sex-ratio de 3,2. Dans 75,5% (n =182) des cas il s’agissait d’une maladie hémorroïdaire interne, et dans les 24,5% (n = 59) des cas (24,5) elle était externe. La maladie hémorroïdaire interne était dans 74,2% (n = 135) non procidente, et dans 23,1% (n = 42) une procidence hémorroïdaire était présente. Dans 5 (2,7%) cas une thrombose hémorroïdaire interne était observée. La maladie hémorroïdaire externe était dominée dans 81,4% (n = 48) par une congestion des paquets hémorroïdaires. Dans 6 cas il s’agissait d’une thrombose, et dans 5 cas il s’agissait de marisques hémorroïdaires. Quant à l’indication de l’examen proctologique au cours de la pathologie hémorroïdaire, il s’agissait surtout de la rectorragie dans 62,3% (n = 130), et de la proctalgie dans 29,3% (n =61). Dans 9 (3,7%) cas la maladie hémorroïdaire était associée à une anorectite non spécifique, et dans 6 cas (2,5%) à une fissure anale.
L’anorectite était non spécifique dans 57 cas (91,9%), et spécifique dans 1 cas (1,6%), en rapport avec une anorectite mycosique. Dans les 4 cas (6,5%) restant, il s’agissait d’une anorectite iatrogène après purge de produits de la médecine traditionnelle. L’anorectite était associée de façon égale (3 cas) à un polype rectal, et à une fissure anale. L’indication de l’anorectoscopie au cours de l’anorectite était dominée par la proctalgie dans 28 cas (45,2%), et la rectorragie dans 18 cas (29%). Dans 6 cas (9,7%) il s’agissait d’une association des deux symptômes.
La fissure anale était postérieure dans 55 cas (91,7%) et antérieure dans 4 cas (6,7%). Un cas (1,6%) de fissure latérale a été observé. L’examen proctologique a été réalisée surtout devant la proctalgie dans 43 cas (71,7%), et la rectorragie dans 10 cas (16,7%).
Les tumeurs malignes anorectales étaient des lésions ulcéro-bourgeonnantes dans 15 cas (68,2%), végétantes dans 6 cas (27,3%), et dans 1 cas (4,5%) il s’agissait d’une tumeur infiltrante. Il s’agissait d’adénocarcinomes du rectum dans 21(95,5%) cas, et de carcinome épidermoïde anal1(0,2%) cas. L’examen proctologique a été surtout indiqué devant la rectorragie (40,9%), le syndrome rectal (18,2%) et la proctalgie (13,6%).
Les suppurations ano-périnéales se répartissaient en 15 (88,2%) cas de fistules et 2 (11, 8%) cas d’abcès. Les fistules simples dans 13 (86,7%) cas et complexes dans 2 (13,3%) cas. Une prédominance masculine était observée avec 11 (64,7%) cas soit un sex-ratio de 1,8. Les manifestations cliniques les plus fréquentes au cours de ces fistules ano-périnéales étaient les écoulements purulents dans 8 cas (47,1%), suivi par la proctalgie et la rectorragie dans des fréquences égales de 4 cas (23,5%).
Les ulcérations anorectales étaient au nombre de17 dont 1 cas d’ulcère anal à corps étranger. Les ulcérations rectales étaient non spécifiques dans 6 cas, d’allure amibienne dans 4 cas, évocatrices d’une rectocolite ulcéro-hémorragique dans 3 cas, et associées à un prolapsus rectal 2 cas. Un cas d’ulcère solitaire du rectum a été également observé. Elles surtout observées dans le sexe masculin 12 cas (70,6%) soit un sex-ratio de 2,4. Les indication principales de l’examen proctologique étaient la proctalgie (35,3%), le syndrome rectal (17,6%) et les rectorragies (11,8%).
Les polypes étaient sessiles dans 85,7% (n = 12) cas, et semi-pédiculés dans les 2 cas restant. L’examen histologique des pièces de biopsie, de 8 polypes rapportait 6 cas de polypes hyperplasiques et de 2 cas de polypes inflammatoires.

DISCUSSION
Notre étude a porté sur les compte-rendus de 430 anorectoscopie. Ceci ne permet pas de voir l’ensemble des affections anorectales, ni de nous prononcer sur le pronostic des patients. Cependant elle nous permet de décrire une bonne partie des aspects sociodémographiques, cliniques et anorectoscopiques des affections anorectales à Bobo-Dioulasso.
L’âge moyen de 43,1 ans des patients de notre étude, montre que la pathologie anorectales affectent l’adulte jeune. Cette atteinte de la frange jeune de la population est également rapportée par des auteurs Burkinabé. Ainsi Ilboudo et al [8] et Bougouma et al [9], tous à Ouagadougou ont rapporté des moyenne d’âge plus faibles que la nôtre, et qui étaient respectivement de 34,3 ans et 37,4 ans. En Afrique, de nombreux autres auteurs soulignent ce jeune âge des patients présentant une affection anorectale. Ainsi, Dia et al [4] à Dakar, Mahassadi [2] à Abidjan et Bagny et al [10] à Lomé, avaient respectivement rapporté des moyennes d’âge de 41 ans, 41,5 ans et 41,8 ans qui étaient comparables à la nôtre. Cette jeunesse de la population de notre étude est avant tout à l’image de la population du pays qui est jeune dans son ensemble, car plus de sa moitié (57,8%) a moins de 20 ans [11]. Par contre l’ignorance et certaines considérations sociales telle la pudeur conduiraient les plus âgés à se diriger vers la médecine traditionnelle.
Une prédominance du sexe masculin était observée avec un sex-ratio de 2,2. Ce constat est quasi constamment rapporté dans la littérature africaine [1, 3 – 6, 8 – 10] dans des proportions variables d’une étude à l’autre, avec des sex-ratio compris entre 1,6 et 2,9. Cette forte prévalence de la pathologie anorectale observée dans le genre masculin s’expliquerait d’une part par une plus grande autonomie financière des hommes, ce qui leur faciliterait l’accès aux services de soins comparativement aux femmes ; et d’autre part par l’exposition fréquente de ces derniers à certaines substances telles l’alcool et le café qui favoriseraient la maladie hémorroïdaire. En effet la pathologie hémorroïdaire représente plus de la moitié des affections anorectales de notre étude et 76% des patients présentant cette affection étaient des hommes.
La rectorragie et la proctalgie étaient les principales indications de l’examen anorectoscopique dans notre série. De nombreux auteurs africains ont fait le même constat [2-4, 9, 10]. La fréquence élevée de la rectorragie est probablement en rapport avec l’inquiétude et l’angoisse que suscite l’émission sanguine dans nos sociétés. Cette angoisse motiverait alors les patients à consulter dans un but de mieux comprendre ce d’évènement, et d’obtenir au besoins des soins. Quant aux douleurs, leur place de deuxième motif de consultation résiderait au désagrément, à l’inconfort et donc à la perturbation de la qualité de vie qu’elle occasionne. Le besoin de soulagement serait donc une motivation à la consultation.
Cette étude montre que la pathologie anorectale est diverse et variée, mais reste dominée par la maladie hémorroïdaire. Notre résultat corrobore les données de la littérature [12, 13] qui rapporte que la maladie hémorroïdaire est l’affection la plus fréquente rencontrée en proctologie. Ce même constat est fait par de nombreux autres auteurs africains [2, 4, 5, 9, 10,14]. Cette prédominance de la maladie hémorroïdaire s’expliquerait par un changement des habitudes alimentaires qui sont source de constipation comme le souligne Diarra et al [15] à Bamako. De même, la maladie serait plus fréquente chez les malades adoptant la position assise pendant leur principale occupation selon Diallo et al [16] à Bamako. En effet, il s’agit d’une position habituellement rencontrée chez les hommes en milieu de travail ; ces derniers étant majoritaire (68,8%) dans notre échantillon et sont également les plus affectés (76%). Il est rapporté une prédominance de la maladie
hémorroïdaire interne dans cette étude. Dia et al [4] à Dakar et Diarra et al [15] à Bamako, ont les mêmes constats en rapportant des proportions respectives de 77% et 78,4%. De même, Diarra et al [4] ont rapporté au même titre que nous une prédominance des hémorroïdes non procidentes, tandis que Mahassadi et al [2] à Abidjan rapportaient une prédominance des hémorroïdes procidentes.
Au plan clinique, la rectorragie était le symptôme le plus fréquent au cours de la maladie hémorroïdaire dans notre série. Ce même constat est également rapporté par Mahassadi et al. [2] à Abidjan, par Bagny et al [10] à Lomé, et par Diarra et al [15] à Bamako avec des fréquences plus élevées que la nôtre qui étaient respectivement de 84,1%, 80% et 70%. Par ailleurs les fréquences plus élevées de ce symptôme dans leurs séries pourraient être en rapport avec la taille de leurs échantillons qui étaient relativement plus petite que la nôtre. Cette fréquence de la rectorragie au cours de la maladie hémorroïdaire ne devrait pas faire méconnaitre les éventuelles autres pathologies associées, d’où l’intérêt d’une coloscopie totale.
Une anorectite était la deuxième lésion rapportée en terme de fréquence dans cette étude. Bougouma et al. [9] à Ouagadougou, et Yassibanda et al. [3] à Bangui ont également rapporté une anite prédominante après la maladie hémorroïdaire. Cette prédominance des lésions inflammatoires anorectales s’expliquerait d’une part par la douleur (45,2% dans notre étude); et d’autre part par la rectorragie souvent associée (29%) dont les caractères souvent angoissant oblige le patient à la consultation.
La fissure anale décrite souvent comme associée à la maladie hémorroïdaire et en rapport avec la constipation ne représentait que 13,5% des lésions anorectales. Il s’agit donc d’une affection peu fréquente notamment dans les séries africaines. Ainsi Dia et al. [4] à Dakar, et Mahassadi et al. [2] à Abidjan rapportaient de fréquences respectives de 12,37% et 16,9% de cette affection. La douleur étant le symptôme majeur au cours de la fissure, elle oblige le malade à consulter. La fissure anale siégeait sur la commissure postérieure pour la majorité (91,7%) des cas de notre série ; ce qui est conforme aux données de la littérature [12, 13].
Nous avions rapporté dans cette étude que, les tumeurs malignes anorectales représentaient 5% des lésions de cette région, et étaient dominées par le cancer rectal dans 95,5% des cas. Le cancer du rectum à une incidence faible dans notre contexte. Cette faiblesse de la fréquence ce cancer est également rapportée par d’autres auteurs burkinabé que sont, Guingané et al [17] à Ouagadougou, et Sawadogo et al [18] à Bobo-Dioulasso qui avaient rapporté des fréquences annuelles respectives de 1,9 cas/an et 1,4 cas/an. Notre observation confirme donc les données de la littérature qui rapporte une faible incidence du cancer du rectum dans les pays en développement comme le nôtre [19, 20]. Cette faible prévalence du cancer rectal s’expliquerait d’une part par l’absence de réalisation systématique du toucher rectal (qui peut permettre d’évoquer de diagnostic) par les praticiens; et d’autre part par une faible demande de l’examen d’anorectoscopie.
Nous avions observé un seul cas de cancer de l’anus. Il s’agit également d’une tumeur rare dans la littérature [12]. Les prévalences les plus élevées étaient observées dans la série de Dia et al [4] et de Bougouma [9], respectivement dans l’ordre de 2,08% et 2,7%.
Les suppurations ano-périnéales représentaient 3,8% des lésions anorectales. Cette fréquence est superposable à celle Ndjitoyap et al [1] qui était de 3,12%, mais reste inférieure aux fréquences de Dia et al [4] à Dakar, et de celle de Mahassadi et al [2] à Abidjan qui étaient respectivement de 11,3% et 9,6%. Si les suppurations ano-périnéale sont décrites comme fréquentes dans les pays développés avec une incidence annuelle de 12/100000 habitants [12], elles restent peu fréquentes cependant dans notre contexte du fait probablement de la pudeur que ressentent les patients, et ce d’autant plus que l’évolution a dépassé la phase d’abcès où les douleurs sont majeures. Les ulcérations rectales sont peu rapportées dans la littérature africaine ; et lorsque la question était évoquée [5, 6, 10], elle était surtout en rapport avec la rectocolite hémorragique (RCH) dont la fréquence reste faible, entre 1,5% et 3,6%. Cette fréquence des lésions de type RCH était encore plus faible dans notre échantillon et était de 0,7%, confirmant ainsi sa rareté de chez le sujet africain au sud du Sahara. Dans notre étude, les ulcérations rectales les plus fréquentes (35,3%) d’origine amibienne. En effet l’amoebose colique reste encore fréquente dans nos régions car la lutte contre le péril fécal est loin d’être gagnée.
La pathologie tumorale bénigne était représentée dans notre étude par les polypes rectaux qui représentaient 3,2% des lésions observées. D’une manière générale, leur fréquence est faible dans la littérature africaine [3, 10] variant entre 0,1% et 4,5%. Cette rareté des polypes rectaux, dans les séries africaines au sud du Sahara épouse les mêmes raisons que la rareté du cancer du rectum notamment pose la réalisation non systématique du toucher rectal devant des signes d’appel de la régions anorectale.

CONCLUSION
Les affections anorectales vues en endoscopie sont fréquente à Bobo-Dioulasso et sont une affection de l’adulte jeune. Elles présentent un polymorphisme fonctionnel dominé par la rectorragie et la proctalgie ; et une diversité dans l’atteinte lésionnelle qui est dominée par la maladie hémorroïdaire, l’anorectite, et la fissure anale. Ces lésions constituent une préoccupation majeure au plan diagnostic et de prise en charge dans un environnement où les pesanteurs culturelles et le recours à la médecine traditionnelle reste omniprésent. Il est donc impératif, d’accroitre les canaux de communication envers les populations, afin de mieux faire connaitre ces affections ainsi que les alternatives thérapeutiques que offrent la médecine moderne.

 

RÉFÉRENCES

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